WMF Profi 28 cm
- Diamètre 28 cm
- Construction Inox Cromargan
- Compatibilité Tous feux dont induction
- Fabrication Allemagne
WMF, c'est la rigueur allemande appliquée à l'inox : un acier Cromargan dense, increvable, qu'on retrouve dans des milliers de cuisines. J'ai cuisiné sur la Profi 28 cm pendant des semaines — saisie de steak, omelette, déglaçage — pour voir si la réputation tient au feu.
Verdict rapide : la WMF Profi est une valeur sûre. Pas la plus rapide à chauffer de mon banc d'essai, mais d'une robustesse exemplaire et d'une saisie nette une fois le coup de main pris. À 89 €, c'est l'inox allemand fiable qui dure vingt ans sans broncher — à condition d'accepter qu'elle demande, comme toute bonne poêle inox, un vrai préchauffage.
Quand on parle d'ustensiles en inox, WMF (Württembergische Metallwarenfabrik) est l'un des noms qui revient depuis plus d'un siècle. La maison souabe a déposé sa propre nuance d'acier, le Cromargan — un inox 18/10 (18 % de chrome, 10 % de nickel) qui résiste à la corrosion, ne réagit pas avec les aliments acides et supporte sans broncher le lave-vaisselle. Dans une cuisine de restaurant, c'est exactement ce qu'on demande à un ustensile : qu'il encaisse le service, jour après jour, sans se déformer ni s'écailler.
Ce que j'apprécie chez WMF, c'est la cohérence. La marque ne cherche pas à réinventer la poêle à chaque saison : elle fabrique du matériel sérieux, lisible, sans gadget. La gamme Profi que j'ai testée vise précisément le cuisinier exigeant qui veut un outil de travail, pas un objet de déco. Et ça se sent au premier contact : le manche en inox massif, riveté, vissé serré, qui ne bougera pas dans dix ans.
Sur mon banc d'essai, j'ai travaillé avec la WMF Profi en 28 cm, le diamètre de référence pour saisir deux pavés ou cuire pour deux à quatre personnes. Voici ce qu'il faut savoir avant d'aller plus loin :
Le point à noter d'emblée : la Profi est construite autour d'un fond à semelle thermo-diffusante (un disque encapsulé sous le fond), et non d'une véritable construction multicouche sur toute la hauteur comme une Cristel 5-ply. Concrètement, la chaleur est bien répartie sur le fond — là où on cuit — mais ne remonte pas le long des parois de la même façon qu'une poêle entièrement multicouche. Pour une saisie, c'est ce qui compte : c'est le fond qui travaille. Pour mijoter avec les parois, on est un cran en dessous d'une De Buyer Alchimy 3 couches.
Bonne nouvelle pour la plupart des cuisines françaises : la Profi est compatible induction, mais aussi gaz, vitrocéramique et électrique. Sur ma plaque à induction, la détection est immédiate et la montée régulière. Le test que je fais toujours — poser la poêle vide et écouter — ne révèle aucun vibrement parasite : l'acier est assez épais pour rester stable.
Je note chaque poêle sur trois critères, après avoir vraiment cuisiné dessus. Voici ce que la WMF Profi a obtenu :
C'est là que la WMF montre ses limites face aux meilleures. La montée en température n'est pas la plus rapide de mon comparatif : la semelle thermo-diffusante répartit bien la chaleur sur le fond — aucun point chaud localisé quand je teste à la goutte d'eau sur plusieurs zones — mais elle met un peu plus de temps à atteindre la bonne température qu'une Cristel 5-ply (9,5/10) ou une De Buyer Alchimy (8,8/10). En cuisine, ça veut dire une chose simple : il faut être patient au préchauffage et ne pas balancer son steak trop tôt. Une fois chaude, en revanche, elle tient parfaitement sa température, ce qui est précieux quand on enchaîne plusieurs pièces.
Soyons clairs, et je le répète à chaque page de ce comparatif : l'inox n'est pas antiadhésif. La WMF Profi ne déroge pas à la règle. Mais bien menée, elle saisit aussi bien que des poêles plus chères. J'ai fait mon test classique — un pavé de bœuf à température ambiante, fond bien préchauffé, un filet d'huile à haut point de fumée. Le steak accroche d'abord (c'est normal, la croûte se forme), puis se décolle tout seul au bout de deux à trois minutes. La croûte est régulière, dorée, sans zone pâle : preuve que le fond chauffe de façon homogène.
Avec l'inox, la patience remplace le revêtement. Sur la WMF, je préchauffe trente secondes de plus que sur mes autres poêles — et là, elle saisit aussi bien que des modèles deux fois plus chers.Antoine Lefèvre, chef de cuisine
C'est le moment que je préfère, et celui où la WMF brille. Après la saisie, le fond est tapissé de sucs — ces résidus dorés caramélisés au fond de la poêle. Sur de l'inox, ils accrochent franchement, ce qui est une excellente nouvelle : un trait de vin blanc, de fond de veau ou même d'eau, une cuillère en bois pour gratter, et on récupère tout ce concentré de goût pour une sauce minute. Sur une poêle antiadhésive, ces sucs n'accrochent pas et le déglaçage donne une sauce fade. La WMF Profi déglace sans difficulté, et l'acier Cromargan supporte sans broncher le choc thermique du liquide froid sur le fond brûlant.
C'est ici que la marque allemande prend sa revanche sur la chauffe. Le score de 9/10 en robustesse n'est pas volé : le manche riveté ne prend aucun jeu, le fond ne se voile pas même après des chocs thermiques répétés, et le Cromargan ne se tache pas durablement. Les auréoles bleutées ou blanchâtres qui apparaissent avec le temps sur tout inox partent au vinaigre blanc ou avec un nettoyant spécial inox. WMF annonce un produit pensé pour durer des décennies, et au vu de la construction, je n'ai aucun mal à le croire. C'est une poêle qu'on transmet, pas qu'on remplace.
Si vous cherchez la vitesse de chauffe absolue et l'homogénéité parfaite, regardez plutôt du côté d'une Cristel 5-ply, qui domine ce critère sur mon banc. Mais si votre priorité, c'est d'acheter une poêle inox une fois pour toutes — solide, fiable, qui ne vous trahira pas après trois ans — la WMF Profi est un choix de raison difficile à prendre en défaut. C'est typiquement la poêle que je conseille à quelqu'un qui débute avec l'inox et veut un outil pardonnant à l'usure, pas à la technique.
Elle s'adresse au cuisinier qui valorise la durabilité et la simplicité allemande. Pour le rapport qualité-prix pur, jetez aussi un œil à la meilleure poêle inox pas chère de mon comparatif. Et si vous hésitez encore sur les critères, mon guide Comment choisir sa poêle inox détaille tout, du nombre de couches à la compatibilité induction.
L'inox WMF est l'un des plus tolérants à entretenir, et c'est un argument réel au quotidien. Après cuisson, laissez la poêle tiédir quelques minutes avant de la passer à l'eau (un choc thermique brutal sur un fond brûlant n'est jamais idéal, même si le Cromargan encaisse bien). Pour les sucs accrochés, déglacez à chaud ou faites bouillir un peu d'eau : tout se décolle. Les auréoles de chaleur — ces reflets bleutés inévitables sur l'inox chauffé — disparaissent avec un coup de vinaigre blanc ou de produit spécifique. Et oui, la Profi passe au lave-vaisselle, même si un lavage à la main préserve mieux le brillant sur le long terme. Un inox bien entretenu reste impeccable pendant des décennies : c'est tout l'intérêt de ce matériau face à un revêtement antiadhésif qui, lui, s'use et se raye en quelques années.
La WMF Profi 28 cm mérite sa réputation de valeur sûre. Avec 8,4/10 en chauffe, 8,4/10 en saisie et un solide 9/10 en robustesse, elle ne joue pas dans la même cour que les multicouches premium côté vitesse de chauffe — une Cristel 5-ply ou une De Buyer Alchimy montent plus vite et plus homogène. Mais sur le terrain qui compte pour beaucoup de cuisiniers — la durabilité et la fiabilité — elle est presque imbattable à 89 €. C'est l'inox allemand honnête : il demande un vrai préchauffage, il saisit proprement, il déglace à merveille et il durera plus longtemps que la plupart de vos autres ustensiles. Si vous voulez acheter une poêle inox une seule fois dans votre vie, la WMF Profi est un pari très raisonnable.