Lagostina Orchestra 28 cm
- Diamètre 28 cm
- Construction Inox 18/10
- Compatibilité Tous feux dont induction
- Fabrication Italie
La Lagostina Orchestra, c'est une poêle inox 18/10 honnête : je l'ai chauffée à blanc, saisi des steaks, déglacé au vin. Elle ne joue pas dans la cour des multicouches premium, mais elle fait le travail. Voici mon test, scores à l'appui.
Verdict rapide : la Lagostina Orchestra 28 cm (104 €) est une poêle inox 18/10 polyvalente et solide, qui chauffe correctement et saisit proprement à condition de la préchauffer. Je la note 8/10 à la chauffe, 8/10 à la saisie et 8,2/10 en robustesse. Elle ne rivalise pas avec une vraie multicouche pour l'homogénéité du fond, mais elle reste une valeur sûre pour qui veut du bel inox de marque sans monter à 150 €.
Lagostina est une marque italienne historique, fondée en 1901 dans le Piémont, spécialiste de l'inox depuis toujours. Quand je reçois une Lagostina sur mon banc d'essai, je sais à quoi m'attendre : une finition soignée, un inox 18/10 qui brille, un poids qui inspire confiance. Ce n'est pas une marque qui bâcle. Sur le segment des poêles, elle se positionne juste au-dessus de l'entrée de gamme, sans aller chercher le très haut de gamme des fabricants français comme De Buyer ou Cristel.
L'Orchestra, c'est leur poêle inox grand public la plus diffusée. On la trouve en 24 et 28 cm, je travaille ici sur la 28 cm, le format que je recommande pour saisir deux pavés sans les entasser. Le 18/10, c'est la nuance d'inox de référence : 18 % de chrome pour l'anticorrosion, 10 % de nickel pour le brillant et la résistance. C'est du sérieux côté matière. La vraie question, celle qui m'intéresse en cuisine, c'est : comment ce métal chauffe-t-il, et comment se comporte-t-il quand j'y jette un steak ?
Je teste toujours de la même façon, parce qu'une poêle, ça se juge en cuisinant, pas en lisant une fiche. Premier passage : la chauffe. Je pose l'Orchestra vide sur mon induction, feu moyen-fort, et je chronomètre la montée en température avec le test de la goutte d'eau. La goutte qui s'évapore en grésillant tout de suite, c'est trop tôt. La goutte qui roule en bille de mercure sans s'évaporer, c'est le bon moment, l'effet Leidenfrost. Sur la Lagostina, ce point arrive après deux bonnes minutes de préchauffe. Correct, sans plus.
Ce que je note honnêtement : le fond de l'Orchestra chauffe bien au centre, mais j'observe un léger décalage vers les bords. Sur une saisie de deux steaks, le morceau parfaitement centré colore plus vite que celui poussé sur le côté. Ce n'est pas rédhibitoire, je tourne mes pièces, mais c'est exactement la limite d'une construction qui n'est pas une multicouche intégrale comme la Cristel 5-ply. Je note donc la chauffe 8/10 : honnête, suffisante pour un usage quotidien, mais pas l'homogénéité chirurgicale d'un fond 5 couches.
L'Orchestra ne triche pas : elle chauffe vite au centre et saisit bien si on la respecte. Mais sur les bords, on sent qu'on n'est pas sur une multicouche. C'est une bonne poêle, pas une poêle d'exception.Antoine Lefèvre, chef de cuisine
Deuxième passage, le steak. C'est ici que beaucoup de gens se trompent avec l'inox, et c'est pour ça que je martèle toujours la même chose : l'inox n'est pas antiadhésif. Si vous posez votre viande dans une poêle inox mal chauffée, elle accroche, elle se déchire, et vous maudissez la poêle alors que c'est la technique qui pèche. Le secret tient en trois étapes que je détaille plus bas.
Sur l'Orchestra correctement préchauffée, avec un filet d'huile chaude, le pavé accroche d'abord (c'est normal, les protéines se lient au métal), puis forme sa croûte de Maillard, et au bout d'une minute trente il se décolle tout seul quand je secoue la poêle. C'est le test ultime : si ça ne se décolle pas, c'est qu'il faut attendre. La Lagostina passe ce test proprement. La croûte est belle, dorée, régulière sur le morceau bien posé. Je note la saisie 8/10 : elle fait le travail dès qu'on la préchauffe sérieusement, sans surprise désagréable.
Troisième passage, et mon préféré : le déglaçage. C'est l'argument massue de l'inox face à l'antiadhésif. Quand je sors mon steak, le fond de l'Orchestra est tapissé de sucs caramélisés, ces petits dépôts dorés et collés au métal. Je verse un trait de vin rouge, je gratte à la spatule en bois, et tout le fond se dissout en une sauce profonde, brillante, pleine de goût. Ça, vous ne le ferez jamais dans une poêle antiadhésive : les sucs ne se forment pas de la même manière, et vous n'avez rien à récupérer. L'Orchestra déglace parfaitement, comme toute bonne poêle inox. C'est précisément la raison pour laquelle je pousse les gens vers l'inox quand ils savent cuisiner.
Parlons construction, parce que c'est le cœur de mon angle de test. La chauffe d'une poêle inox dépend directement du nombre de couches de son fond. Une simple paroi d'inox chauffe mal, avec des points chauds, parce que l'inox seul est un piètre conducteur. Pour corriger ça, les fabricants intercalent de l'aluminium (excellent conducteur) entre des couches d'inox : c'est le principe du sandwich multicouche, qu'on appelle 3-ply (trois couches) ou 5-ply (cinq couches).
L'Orchestra 18/10 dispose d'un fond renforcé avec une semelle conductrice, ce qui la place au-dessus d'une poêle inox premier prix à simple paroi. Mais attention : ce n'est pas une construction multicouche intégrale sur toute la hauteur, comme la Cristel Castel'Pro 5-ply dont l'aluminium remonte jusqu'aux bords. C'est ce qui explique le léger décalage de chauffe que j'ai noté sur les bords. Pour résumer : meilleur qu'une entrée de gamme, en dessous d'une vraie 5-ply. C'est honnête, et c'est dans le prix.
Côté robustesse, la Lagostina rassure. L'inox 18/10, par nature, est increvable : il ne s'écaille pas, ne se déforme pas à l'usage normal, supporte le four, le lave-vaisselle et les ustensiles métalliques sans broncher. C'est tout l'inverse d'un revêtement antiadhésif qui se raye et finit à la poubelle au bout de deux ans. La poignée rivetée tient bien, le poids est équilibré. Je note la robustesse 8,2/10 : une poêle qui se transmet, à condition de l'entretenir.
Question fréquente : la poêle Lagostina passe-t-elle à l'induction ? Oui, sans réserve. L'Orchestra est compatible tous feux, induction comprise, grâce à sa semelle ferromagnétique. Sur ma plaque, elle accroche immédiatement le champ, chauffe vite au centre, et ne fait pas ce bruit de vibration qu'on entend parfois sur des poêles à fond trop fin. Elle est stable, bien plate, aucun balancement. Pour un usage induction quotidien, c'est une valeur sûre, à la condition de toujours respecter le préchauffage que je décris plus haut.
L'entretien de l'inox, c'est simple mais ça se sait. Après chaque cuisson, je laisse la poêle tiédir (jamais d'eau froide sur un fond brûlant, le choc thermique peut voiler le fond), puis je lave à l'eau chaude et au liquide vaisselle. Pour les sucs récalcitrants, je laisse tremper dix minutes, ça part tout seul. Si des reflets bleutés ou un voile blanc apparaissent (le calcaire ou la surchauffe), un peu de vinaigre blanc ou un produit spécial inox rend le brillant d'origine. La Lagostina supporte le lave-vaisselle, mais le lavage main prolonge l'éclat. Bien entretenue, cette poêle vous suivra dix ans facilement.
Je recommande l'Orchestra à qui veut une poêle inox de marque, fiable et polyvalente, sans monter au prix d'une multicouche française. Si vous savez déjà cuisiner, ou que vous êtes prêt à apprendre le geste de l'inox (préchauffage, matière grasse, patience), c'est un excellent achat. Si vous cherchez la chauffe la plus homogène possible pour des cuissons délicates, regardez plutôt vers une Cristel 5-ply ou la référence de mon classement, la De Buyer Alchimy. Et si le budget est votre priorité absolue, j'ai d'autres pistes dans mon comparatif des meilleures poêles inox pas chères. Pour bien cadrer votre choix, lisez aussi mon guide Comment choisir sa poêle inox.
La Lagostina Orchestra 28 cm est une poêle inox 18/10 honnête et bien construite, qui mérite sa place dans une cuisine. Elle saisit proprement, déglace à merveille et durera des années, à la seule condition de la préchauffer comme il faut, car l'inox n'est pas antiadhésif. Mes notes : chauffe 8/10, saisie 8/10, robustesse 8,2/10, soit 4,4/5 au global. Elle ne détrône pas les multicouches premium françaises sur l'homogénéité du fond, mais à 104 € elle offre du bel inox de marque, compatible induction, sans fausse note. Une valeur sûre que je recommande sans hésiter aux cuisiniers qui veulent du solide.